Sœur Anne-Marie, médecin du désert Enregistrer au format PDF

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Anne-Marie Salomon naît en 1934 à St-Avé (Morbihan) dernière enfant d’une fratrie de neuf. Père originaire de La Rochelle, médecin psychiatre, mère lyonnaise.

Anne-Marie fait ses études à Vannes chez les Sœurs de La Retraite, congrégation fondée par deux bretonnes. Bonne en maths, elle devient professeur de physique et chimie. Après avoir obtenu sa maîtrise en ces matières, elle enseigne à Nantes et Angers dans les lycées de la congrégation. Mais l’appel du Seigneur se fait pressant aussi rejoint-elle Lannion, où se trouvait la Maison-Mère.

La foi rend heureuse cette dernière fille d’une famille nombreuse. Sa congrégation, de spiritualité ignatienne, lui a appris à gérer la liberté autrement qu’en étant dépendante directement de la Supérieure. Son désir d’être médecin ne l’a pas quittée c’est alors qu’à 45 ans, encouragée par sa congrégation, elle reprend ses études de médecine : thèse d’externat, d’internat. Soutenue par ses sœurs qui la libèrent du travail de professeur, elle arrive au Mali, à Gossi en juin 1985 pour un stage où elle se heurte à de multiples difficultés et incompréhensions.

Peu importe : elle sait que c’est Dieu qui l’a conduite ici elle le prie car « l’action dit-elle, c’est aussi la prière ». Et voici que la chrétienne isolée dans ce Sahel de nomades, de touaregs se transforme en « Nouvelle Sœur Emmanuelle » se battant sur tous les fronts du sous-développement car animée de deux idées fortes :

  • la santé, base du développement
  • ne rien faire, ne rien entreprendre qui ne soit initié par la population.

Avec l’aide de nombreuses associations et le soutien d’une chaîne de solidarité qualifiée d’ONG crédible par l’administration de Bamako, elle crée des écoles, un hôpital, un centre dentaire et optique.

En 20 ans, elle crée l’hôpital (avec maternité, laboratoire d’analyses, salle d’échographie et six dispensaires de brousse.

En 2 000, elle reçoit à Matignon le prix de courage, de l’exemplarité et du dévouement du Haut Conseil de la Coopération Internationale. Aujourd’hui, Dieu fait cette grâce à Anne-Marie de ne « jamais douter de l’existence de Dieu ». Elle est, dit-elle, « un de ses interprètes pour transmettre son message d’amour. »

Voir en ligne : Article d’Armelle Breton dans l’hebdomadaire « La Vie » le 23 mars 2010