Ausweiss

« Quand les Allemands occupaient les bâtiments et le parc (1940-1945), les externes libres devaient présenter à la sentinelle postée au portail du haut un « Laisser-Passer ». A la maison, on m’avait cousu dans ma cape une poche pour ce précieux document. »
par Marie-Louise le Fell (épouse Le Jeune)

Quel défi !

« Printemps d’occupation allemande, la nuit est tombée, silence dans le dortoir… quan,d’une voix ferme (celle de Sœur Neumayer, professeur d’allemand) retentit : j’appelle cinq volontaires pour venir reprendre notre sautoir aux soldats qui viennent de s’en emparer.
Tenue de gymnastique et sous les ordres de la religieuse nous voici utilisant alternativement notre sautoir, ajustant l’élastique à notre hauteur. Long exercice, la fatigue se fait sentir mais nous tenons bon. Les soldats, plus lourds et plus aguerris défoncent le sable de réception : Tant pis, il faut continuer, la nuit tombe. Nous voici enfin seules dans le parc. Nos concurrents ont reçu l’ordre d’abandonner cette conquête… Et nous de regagner notre dortoir, heureuses de cet » exploit »
par Yvonne Ménou (épouse Jouan) (†)

“Relations” St-Joseph / Bossuet

« C’est la guerre ! Les hommes sont au front et les prêtres professeurs à l’Institution St-Joseph sont rares. Qu’à cela ne tienne ! À l’Institution Bossuet des religieuses compétentes les remplacent. L’une d’elles : Mère Siquier, professeur de philosophie si aimée de tous traverse régulièrement la rue pour nous rejoindre dans les « baraques » de la cour, témoigne un élève de St-Joseph. Les allemands occupent les bâtiments.
Échange de professeurs contre échange de livres car Bossuet en manque et nos livres de psychologie, de logique, de morale, de métaphysique même de cosmographie font des voyages aller-retour entre St-Joseph et Bossuet.
Devinez ce qui arriva ?
Bien à l’abri entre les pages, les petits billets doux entre garçons et filles faisaient aussi le voyage… Personne ne dénonça cette affaire bien rôdée… Nos professeurs étaient-ils au courant ?… Ce dont je peux témoigner c’est que Mère Siquier était aimée, adorée de tous. Nous pouvions discuter avec elle tous les sujets même les plus difficilement abordables. Qu’elle en soit remerciée. »
par H.T.