De 1835 à 1963

vendredi 5 février 2010
par  Sr Anne Le Chevanton
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L’Institution Bossuet, ouverte en 1927 dans la propriété de Crec’h Avel, est la suite du « pensionnat de La Retraite » inauguré le 28-09-1836 par les Religieuses de La Retraite, et qui avait dû fermer ses portes en 1904 à la suite des Lois Combes.

 Un peu d’histoire

Jusqu’à la Révolution de 1789 il y avait à Lannion un couvent d’Ursulines [1] où les jeunes filles de la région recevaient éducation et instruction.

Vers 1835 Mademoiselle Maria de la Fruglaye qui possédait une ferme à Crec’h Avel désirait faire don de sa propriété à une congrégation religieuse qui accepterait d’y bâtir un pensionnat pour jeunes filles et de reprendre l’œuvre des Ursulines, ces dernières n’envisageant pas de revenir à Lannion.
Elle était en relation avec l’abbé Jean-Marie de la Mennais, alors vicaire général à St-Brieuc, fondateur des Frères de Ploërmel qui avait à Lannion une école tenue par ses frères.

Mlle de la Fruglaye s’adressa , par l’intermédiaire de Jean-Marie de la Mennais, à Mère Jeanne de Kertanguy, supérieure générale de LA RETRAITE. Celle-ci accepta à condition que cette maison puisse aussi recevoir des groupes pour des retraites fermées.

 1836

En attendant la construction de la maison à Crec’h Avel, le « Pensionnat de La Retraite » s’ouvrit le 28-09-36 dans une maison de l’Allée Verte (actuellement rue Jeanne d’Arc [2]. Le déménagement eut lieu en 1838.

Le « Pensionnat de La Retraite » fonctionna jusqu’en 1904, date à laquelle il fut fermé à la suite des Lois Combes. Les religieuses s’exilèrent en Hollande. Là, elles fondèrent, dans leur pauvreté qui leur attira bien des sympathies, des maisons pour retraites spirituelles.

De 1904 à 1927, la propriété de Crec’h Avel, sauvée par des personnes amies, resta plus ou moins à l’abandon.

Vers 1925 quelques religieuses commencèrent à revenir et tinrent une pension de famille.

 En 1927

Mère de Bréban, alors Supérieure Générale de LA RETRAITE, aidée de l’aumônier : Monsieur l’abbé Rault [3] jusque là professeur de philosophie à l’Institution St-Joseph, et d’un groupe d’amis dévoués, ouvrit l’école sous le nom de « Institution Bossuet ». La première directrice fut Mère Méheut. Le nombre d’élèves était restreint au début, mais il y avait toutes les classes, depuis la classe enfantine jusqu’à la classe de philosophie. Beaucoup d’anciennes élèves se rappellent avec reconnaissance de ces premières années qui leur ont laissé un souvenir inoubliable : travail dans la joie, ouverture, dynamisme, goût de la culture, formation religieuse profonde et large … grâce surtout à l’aumônier, Monsieur l’abbé Rault.

À cette époque, le bâtiment actuel d’externat n’existait pas : toutes les classes étaient dans ce qui est appelé maintenant « L’internat ». Le portail actuel de sortie vers la rue de la Bienfaisance, n’existait pas. L’entrée de Crec’h Avel se faisait par le portail du haut de la rue. Une très jolie allée fleurie descendait en pente douce vers la maison. De beaux arbres poussaient sur les pelouses de chaque côté de cette allée. (La propriété avait été bien dessinée et plantée dès 1838).

Les années se succèdent et voient défiler des générations de jeunes filles.

 1939-1945

Pendant la guerre, les bâtiments sont occupés en partie par les soldats allemands. La cohabitation ne fut pas toujours facile : il fallait même partager la cuisine !

Dès 1940-41, un « ausweiss » (laisser-passer) est exigé pour entrer dans la propriété !

Les allemands construisirent des baraques dans le parc. Celui-ci était sillonné de tranchées creusées en zig-zag pour servir de refuge en cas de bombardement…

L’école continue cependant à fonctionner. Plusieurs professeurs de « Bossuet » vont aussi enseigner à St-Joseph pour remplacer les professeurs prêtres mobilisés ou prisonniers.
L’Institution reçoit sa première boursière en 1941 sous le régime de Pétain.

 1954

Les lois Marie autorisent l’élargissement du régime des Bourses aux établissements secondaires privés. L’Institution Bossuet est officiellement habilitée à recevoir des boursières : le nombre des élèves augmente.
La guerre est terminée, le calme revient… Les années scolaires se succèdent …

1956 voit la fermeture des classes primaires. Celles-ci faisaient en effet double emploi avec celles de l’Institution Ste Jeanne d’Arc qui comportait à l’époque des classes primaires et un CEG   (filles uniquement).

 1959 Loi Debré

Les établissements privés ont désormais la possibilité de passer des contrats avec l’Etat. Durant toute la période d’avant les contrats, les établissements d’enseignement libres devaient seuls assumer les charges de fonctionnement et les salaires des professeurs et du personnel de service. C’est dire que la charge était lourde pour les familles et pour les Congrégations responsables des maisons d’enseignement. Il faut rendre hommage spécialement aux enseignants qui se sont dévoués à l’époque pour de très maigres salaires.
L’Institution Bossuet demanda et obtint d’abord un contrat simple en 1960
puis un contrat d’association (1964).

Le nombre des élèves augmente, les locaux deviennent trop exigus, il faut songer à s’agrandir. La Congrégation de La Retraite entreprend la construction d’un externat : une pierre de pignon ouest porte la date de la pose symbolique de la première pierre : 1962, par Monseigneur Kervéadou, alors évêque de St-Brieuc.

 1963

Le bâtiment est terminé à Pâques 1963 et le troisième trimestre de l’année scolaire 1962-63 se passe dans le nouvel externat. Malgré les locaux clairs et spacieux et la jolie vue sur le parc, les élèves regrettent leurs anciennes classes et vieux couloirs, témoins de leurs espiègleries. Les nouveaux locaux sont bénis en grande pompe par Mgr Kervéadou en présence d’un nombreux clergé de la ville et des environs, des élèves et de leurs parents.

 1967 : La mixité

Durant l’année scolaire 1966-67, un projet s’élabora lentement ayant pour but d’organiser l’ensemble des écoles catholiques de Lannion pour un meilleur service des familles et de l’enseignement. Il aboutit en 1967 à la formation d’un complexe scolaire :

« Les Écoles catholiques de Lannion »

Toutes les écoles deviennent mixtes. Les Écoles Catholiques de Lannion » ont été les premières en France à prendre cette nouvelle organisation. Par la suite, les écoles ont suivi cet exemple.


[1C’est le beau bâtiment (ancienne prison) laissé à l’abandon et qui a abrité un temps le collège municipal de Lannion , puis la bibliothèque et ensuite des salles d’exposition.

[2Cette maison a été démolie il y a quelques années ; elle était située là où est actuellement la « Résidence du Centre ».

[3Enterré dans le cimetière de Crec’h Avel.


Commentaires

De 1835 à 1963
mardi 17 avril 2012 à 17h02 - par  Jean-Yves Marjou

La fermeture en 1904 ne résulte pas des lois Combes de Séparation des Eglises et de l’Etat mais de la mise en application de la loi Waldeck Rousseau de 1901 qui interdit aux Congrégrations d’enseigner.

L’externat Bossuet a été inauguré le 3 mai 1962 ; les 2 photos de Classe de Philosophie de Bossuet prouvent son existence en 1962.

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