Une vie de travail entièrement consacrée à l’Enseignement Catholique

Anne Le Chevanton Enregistrer au format PDF

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Née en 1913 à Pleubian dans une famille chrétienne ; elle est l’aînée de quatre enfants. Très jeune, elle vit une grande épreuve : elle perd son père, capitaine au long cours, mort en mer.

Elève intelligente et studieuse elle est pensionnaire à Tréguier et à Lamballe, elle obtient son Brevet élémentaire.

1930, la famille s’installe à Lannion. Anne y vivra 49 ans !

À l’Institution Bossuet, on demande une institutrice, Anne Accepte. Et c’est le début d’une longue carrière :

  • Baccalauréat, noviciat, profession religieuse, préparation d’une licence de mathématiques
  • Secrétariat, sessions de grégorien pour soutenir de sa voix chaude la prière de ses sœurs,
  • Étude de la méthode Ward.

Professeur de physique, de mathématiques puis de sciences naturelles.
Directrice de l’établissement de 1956 à 1975.
Supérieure de la Communauté, Mère Le Chevanton ne chôme pas.

Loin d’être polarisée par son travail, elle s’intéresse à tout.
Lors de Congrès, les conférences terminées, elle court visiter monuments, églises ou expositions.
Interviewée par une ancienne élève en 1991sur ses difficultés rencontrées pour trouver des professeurs à une certaine époque elle s’explique : « Au moment de la loi Marie qui donnait des bourses aux élèves des écoles privées, il a fallu que les professeurs aient les titres voulus. Jusque là les professeurs étaient très compétents sans avoir toujours des titres universitaires dont certains étaient interdits aux religieuses Ce travail de recherche ne fut pas facile… À partir de 1960 , quand le CNET s’est installé à Lannion nous avons pu avoir comme professeurs certains ingénieurs du CNET. Ceux-ci avaient l’autorisation, dans leurs contrats de donner cinq heures par semaine de leur temps pour l’enseignement. Nous avons donc eu ainsi des professeurs par exemple Monsieur Popo… et d’autres et très souvent aussi les femmes de ces ingénieurs qui étaient diplômées et ont donc exercé ici comme professeurs ».

Elle a beaucoup marqué des générations d’élèves par sa compétence, son ouverture d’esprit, sa bonté et sa fermeté. C’est en collaboration avec le Supérieur de St-Joseph, M. le Chanoine Chobe, qu’après rencontres, études, réflexions de l’abbé Mordellès que l’organisation de l’enseignement catholique du centre de Lannion a été décidé en 1967 : la mixité, un collège, un lycée.

1979, le temps est venu de quitter Lannion. Aux Echelles, en Savoie, Sœur Anne devient villageoise, tenant l’orgue de l’église, participant à la chorale, aidant les écoliers en difficulté.

À La Bussière puis à Vannes, elle participe à l’accueil et aux divers services de la maison.

1994, Angers, changement total de vie. Elle ressent de plus en plus les effets de la maladie de Parkinson. Elle est décidée à lutter ; tant qu’elle en a la force, elle vit.

L’été 1998, elle vient à Lannion pour une fête de famille. Mais bientôt son état s’aggrave et en février elle n’arrive plus à communiquer et le 28 février au matin, le Seigneur la rappelle.

Elle est maintenant dans la lumière de Dieu, laissant à celles qui ont vécu près d’elle le souvenir d’une Sœur de La Retraite, fidèle à sa vocation « tant en santé qu’en maladie ».